Florian Rabiller

photo: Laurent Vivé

Une petite présentation ?

Bonjour! Je m’appelle Florian Rabiller, j’ai 41 ans, et je suis tombé dans l’astronomie il y a une trentaine d’années. Après une longue période d’arrêt j’ai pu m’y remettre en 2019, relancé par ma fille qui voulait voir Saturne!. Je pratique uniquement l’observation visuelle, chez moi malgré la pollution lumineuse, et en montagne pour y trouver les plus beaux cieux dès que je le peux.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans l’astrodessin ?

Je me suis mis très naturellement au dessin, pour garder un souvenir de mes observations. Je me suis rapidement rendu compte que c’était aussi un excellent moyen d’améliorer la perception des détails et la qualité de l’observation. En effet le dessin impose une observation plus longue, plus organisée, et permet, comme la photographie longue pose, d’accumuler les détails perçus en les additionnant au fur et à mesure sur le papier.

Comment dessines-tu ? (outils, supports, télescope, oculaires…)

J’ai commencé à dessiner avec un C8 sur une monture équatoriale. Puis j’ai construit un Dobson ultra compact de 150mm et un Dobson de 400mm, pour lequel j’ai ensuite construit une table équatoriale afin de retrouver le confort du suivi que j’avais avec le C8. Les télescopes de type Dobson sont pour moi les plus adaptés à l’observation visuelle grâce au grand diamètre qu’on peut atteindre, et à la facilité de mise en place. J’observe aussi le soleil avec un filtre lumière blanche sur le C8, et avec une petite lunette Halpha de 60mm. J’utilise des oculaires dotés d’un grand champ et d’un bon confort afin de faciliter l’observation, et une tête binoculaire, systématiquement en planétaire et pour les objets les plus brillants du ciel profond. La vision binoculaire est en effet plus naturelle et reposante, permettant de percevoir plus de détails et d’observer plus longtemps. Je dessine sur un bloc de papier blanc, aux crayons à papier. Je photographie ensuite les dessins et les traite rapidement par informatique pour en faire un « négatif » plus proche de la réalité. Le dessin se fait à l’oculaire, avec, pour les objets du ciel profond, un éclairage très faible pour ne pas nuire à l’observation. J’utilise pour cela une petite lampe rouge très faiblement lumineuse, ou une lampe blanche pour les dessins planétaires que je réalise au crayons de couleur sur des gabarits (que Nicolas Biver a mis à disposition sur son site).

Quels sont tes plus beaux souvenirs ou tes dessins préférés ?

Mon plus beau souvenir astronomique est l’éclipse de Soleil de 1999! Mais j’ai de merveilleux souvenirs d’observations dans les Pyrénées, avec un ciel très pur ! Les galaxies laissent alors voir de superbes détails et des formes dans leurs spires très variées, modelées par les forces de gravité. On peut se rendre compte de l’immensité de l’univers dans lequel nous flottons en observant ce spectacle! Je crois qu’un de mes objets préféré est la galaxie M51, d’ailleurs le premier que j’ai dessiné.

Quel est l’objet le plus compliqué que tu aies eu à dessiner ? Et lequel aimerais-tu faire ou refaire ?

J’aime aussi beaucoup observer le système solaire et en particulier Jupiter, pour la richesse de ses bandes nuageuses, qui changent très rapidement et pour le spectacle du ballet des satellites et de leurs ombres. Le dessin de Jupiter est difficile à cause de la rapidité de la rotation du globe, qui impose de saisir toutes les structures, très complexes, en une demi heure au plus. En ciel profond, les petites galaxies sont difficiles à « déchiffrer » et demandent un très bon ciel, très stable et transparent. Les grandes nébuleuses sont fascinantes aussi, et demandent du temps à l’oculaire pour retranscrire les grandes étendues de nébulosités. J’ai déjà dessiné plusieurs fois les dentelles du Cygne et la Rosette, mais sans avoir de résultat satisfaisant. Mais au fond ce n’est pas très important et ce sera l’occasion de les croquer à nouveau!

As-tu un conseil à donner à quelqu’un qui veut commencer à dessiner ?

Il ne faut pas avoir peur de se lancer dans le dessin, ni avoir peur du résultat. Il faut prendre le dessin comme un outil de prise de notes d’observations qui les enrichira, en gardera une trace et permettra d’en partager l’expérience!

Peux-tu m’envoyer un dessin que tu souhaiterais partager et/ou un lien vers un blog ou un site ?

Astrogribouille - Dessins astronomiques

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